25 octobre 2021

DIRECT – Séisme dévastateur à Haïti : Le bilan s’élève à 1300 morts

Un tremblement de terre de magnitude 7,2 a secoué Haïti samedi 14 août au matin. Il a fait au moins 1 297 morts et plus de 5 700 blessés dans le sud-ouest de l’île. La secousse a également ravivé les terribles souvenirs du grand tremblement de terre de 2010. Voici ce que l’on sait de cette nouvelle tragédie qui frappe le pays.

Une longue secousse ressentie dans tout le pays

Le séisme s’est produit à 8 h 29, heure locale, à 12 km de la ville de Saint-Louis-du-Sud, située à environ 160 km de la capitale haïtienne, Port-au-Prince, selon les données de l’Institut américain de géophysique. La longue secousse a été ressentie dans tout le pays. Des églises, des magasins, des maisons… De nombreux bâtiments se sont effondrés. La puissante secousse a piégé des centaines d’habitants sous des dalles de béton. Sur la côte sud, aux Cayes, troisième ville d’Haïti, un hôtel à étages, Le Manguier, s’est totalement effondré. La photo ci-dessous montre des habitants cherchant des corps sous les décombres.

À l’extrémité sud-ouest de la péninsule, la ville de Jérémie, qui compte plus de 200 000 habitants, a subi d’importants dégâts dans le centre-ville, composé essentiellement de vieilles maisons à un étage. « Le toit de la cathédrale est tombé. La rue principale est bloquée (…) C’est là que se trouve toute l’activité économique de la ville », a détaillé à l’AFP un habitant de Jérémie. « J’étais à l’intérieur de ma maison quand ça a commencé à trembler, j’étais près d’une fenêtre et j’ai vu toutes les choses tomber », a raconté Christella Saint Hilaire, 21 ans, qui vit à L’Asile, une ville proche de l’épicentre du séisme. « Un morceau de mur est tombé sur mon dos mais je ne suis pas trop blessée », poursuit la jeune femme. « Plusieurs maisons se sont complètement effondrées ».

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Dans des vidéos partagées en ligne, des habitants ont filmé les ruines de divers bâtiments en béton, dont une église dans laquelle une cérémonie était apparemment en cours samedi matin dans la ville des Anglais, à 200 km au sud-ouest de Port-au-Prince. Les habitants de la ville ont préféré fuir, après qu’une alerte au tsunami lancée au lendemain du séisme par l’Agence nationale océanique et atmosphérique américaine ait été rapidement levée.

Près de 1 300 morts et plus de 5 700 blessés

On dénombre au moins 1.297 morts et plus de 5.700 blessés lors du séisme, selon le dernier bilan fourni dimanche soir par la protection civile haïtienne. Sans souvent beaucoup de moyens, les habitants se sont précipités pour sortir les victimes blessées dans l’effondrement des immeubles. Cet effort a été salué par les services de la protection civile. « Les premières interventions, effectuées tant par des sauveteurs professionnels que par des membres de la population ont permis d’extraire de nombreuses personnes des décombres », ont-ils déclaré. Des images de France 2 montrent l’intervention des premiers secouristes. Les quelques hôpitaux existants dans les zones touchées par le séisme peinent déjà à fournir des soins d’urgence. Samedi après-midi, le directeur de la protection civile, Jerry Chandler, a déclaré à l’AFP qu’au moins trois hôpitaux, dans les communes de Pestel, Corailles et Roseaux, étaient saturés. A Jérémie, des hôpitaux de campagne ont été improvisés.

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L’état d’urgence déclaré

Le chef du gouvernement, Ariel Henry, qui a survolé en hélicoptère les zones les plus touchées par le séisme samedi après-midi, a annoncé que l’état d’urgence était déclaré pour un mois dans les quatre départements touchés par la catastrophe. Du personnel et des médicaments ont déjà été envoyés par le ministère haïtien de la Santé dans la péninsule du Sud-Ouest. Mais cette logistique d’urgence est mise en péril par l’insécurité structurelle qui mine Haïti depuis des mois. Sur un peu plus de deux kilomètres, la seule route reliant la capitale à la moitié sud du pays traverse le quartier pauvre de Martissant, qui est sous le contrôle de bandes armées depuis début juin, empêchant la libre circulation. « Nous savons tous que nous avons un problème à Martissant. Nous avons décidé que cette route serait perméable, c’est-à-dire que toutes les aides doivent pouvoir passer », a déclaré le Premier ministre lors d’une conférence de presse samedi soir.

« La police ainsi que les FAD’H [Forces armées d’Haïti] sont mobilisées et d’autres moyens sont mobilisés pour que cette aide que nous voulons apporter à nos frères et sœurs en difficulté puisse arriver », a ajouté le chef du gouvernement sans donner plus d’explications. Les efforts de secours pourraient également être entravés par l’approche de la tempête tropicale Grace, et avec elle la menace de pluies torrentielles et d’inondations rapides, selon le service météorologique national des États-Unis.

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De nombreux pays offrent leur aide

Les promesses d’aide internationale ont afflué, notamment des Caraïbes et d’Amérique latine. La République dominicaine, voisine des Haïtiens sur la même île, a annoncé l’envoi de 10 000 rations d’urgence et de matériel médical. Le Mexique, le Pérou, l’Argentine, le Chili et le Venezuela ont également proposé leur aide, ainsi que l’Équateur, qui envoie une équipe de 34 pompiers pour participer aux recherches. Les 253 médecins cubains, présents en Haïti pour coopérer à la lutte contre la pandémie de Covid-19, ont commencé à adapter un hôpital de Port-au-Prince pour accueillir les blessés. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a également assuré les Haïtiens qu’ils pouvaient « compter sur l’aide de l’Espagne ».

Le président américain Joe Biden a exprimé samedi sur Twitter sa « tristesse » face à cette catastrophe. Il a proposé l’aide « immédiate » des États-Unis et chargé la responsable de l’agence américaine d’aide internationale, Samantha Powers, de coordonner cet effort. Dimanche, lors de sa traditionnelle prière de l’Angélus en public sur la place Saint-Pierre, le pape François a exprimé sa « solidarité » et a appelé la communauté internationale à aider les Haïtiens. Par ailleurs, la joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka, dont le père est haïtien, fera don de tous ses gains d’un prochain tournoi aux victimes du tremblement de terre. « Cette dévastation fait vraiment mal », a-t-elle écrit sur Twitter.

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Le souvenir du terrible tremblement de terre de 2010 ravivé

Le pays le plus pauvre du continent américain garde encore en mémoire le séisme du 12 janvier 2010, qui a dévasté la capitale et plusieurs villes de province. Plus de 200 000 personnes ont été tuées et plus de 300 000 ont été blessées dans la catastrophe. « Toutes les personnes que j’ai pu joindre au téléphone en Haïti m’ont dit leur peur de voir l’histoire se répéter, les bâtiments sont toujours aussi fragiles, rien n’a changé en Haïti, on a parfois le sentiment que ce pays semble maudit », a expliqué la journaliste de France 2 Maryse Burgot, samedi, au journal de 20h. Après le séisme de 2010, plus d’un million et demi d’Haïtiens se sont retrouvés sans abri, plaçant les autorités et la communauté humanitaire internationale devant le défi colossal de la reconstruction dans un pays sans cadastre ni réglementation de la construction. Sans parvenir à relever ce défi de la reconstruction, Haïti, qui est aussi régulièrement frappé par des ouragans, a plongé en onze ans dans une crise socio-politique aiguë.

Haïti : les habitants cherchent des survivants

Au lendemain du séisme qui a frappé l’île le 14 août dernier, les Haïtiens fouillent les décombres tant bien que mal à la recherche de survivants. Sans grands moyens techniques, souvent à la force de leurs bras, les Haïtiens cherchent dans les décombres d’éventuels survivants. Parfois au péril de leur vie, comme lorsque pour extraire le corps d’une fillette de 7 ans décédée, ils évitent de justesse d’être ensevelis par l’effondrement d’une maison. Partout le même paysage, maisons éventrées, églises détruites, tous les bâtiments sont touchés. Les routes impraticables ralentissent le travail des secouristes qui ont toutes les peines du monde à amener les blessés dans les hôpitaux.

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Un appel à l’aide massif

Silverstre Rijo, un secouriste chargé des évacuations, demande de l’aide « il y a déjà eu deux répliques, il y a beaucoup de blessés, nous avons besoin de beaucoup d’aide ». L’aide devrait arriver rapidement des États-Unis, tandis que le pape François a également appelé à la mobilisation de la communauté internationale. L’île reste sous la menace d’une tempête tropicale, qui menace de frapper dans les prochains jours. Tremblement de terre en Haïti : « La situation est désastreuse », déclare le directeur adjoint de l’ONG Care. Le sud-ouest du pays, touché par le séisme qui a fait au moins 724 morts samedi 14 août, était déjà difficile à atteindre depuis la capitale, Port-au-Prince, en raison des tensions sécuritaires.

« La situation est désastreuse », a déclaré dimanche 15 août Muhamed Bizimana, directeur adjoint de l’ONG Care in Haiti, alors qu’au moins 724 personnes ont été tuées la veille dans un séisme de magnitude 7,2, qui a touché le sud-ouest du pays. La sécurité civile du pays a recensé jusqu’à présent au moins 2 800 blessés. « Nous courons derrière le temps pour finaliser les évaluations des dommages », explique l’humanitaire. « Dans l’immédiat, nous organisons une distribution du peu de tentes et d’eau que nous avions. »Muhamed Bizimana explique également que « les routes sont impraticables » : « Cette crise vient s’ajouter à d’autres crises », ajoute-t-il, expliquant que « l’accès aux zones touchées reste l’un des défis majeurs. Nous sommes actuellement dans une crise sécuritaire qui a coupé les principales voies de sortie de la capitale vers la région du sud. »

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