25 octobre 2021

Afghanistan : Les talibans sèment le chaos, les habitants tentent de fuir au risque de la vie

L’aéroport de la capitale afghane est devenu la seule porte de sortie pour ces personnes qui craignent le retour au pouvoir du mouvement islamiste.

Vent de panique à Kaboul. Après la prise de la capitale par les talibans dimanche, une foule dense d’Afghans et d’étrangers s’est rassemblée lundi 16 août aux portes et sur le tarmac de l’aéroport de la capitale, au nord-est de la ville. Tous espèrent réussir à fuir le pays qui est tombé aux mains des fondamentalistes islamistes, vingt ans après qu’ils aient été chassés du pouvoir. Ceux qui souhaitent quitter l’Afghanistan « doivent être autorisés à le faire », plaident les États-Unis et 65 autres pays dans une déclaration commune. Ils appellent les talibans à faire preuve de « responsabilité » dans cette affaire.

L’aéroport, dernière porte de sortie

Avec la prise de la capitale par les talibans et le départ du président Ashraf Ghani, l’aéroport est devenu la dernière porte de sortie. Plusieurs ambassades occidentales y ont trouvé refuge. Samedi, un flot continu de personnes a commencé à affluer, dans l’espoir d’acheter un billet « pour n’importe quelle destination », selon l’Associated Press. La situation a continué à s’aggraver au cours des heures suivantes. Les photos et vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent une foule dense amassée, dimanche soir et lundi matin, sur le tarmac de l’aéroport.

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Elles montrent des groupes tentant désespérément de se frayer un chemin sur une passerelle pour monter dans un avion en stationnement, comme l’illustre une vidéo relayée par Nicola Careem, chef du bureau Asie du Sud de la BBC. Dans une autre vidéo impressionnante, postée lundi matin par un patron de presse afghan, plusieurs personnes tentent de grimper sur le fuselage d’un avion militaire américain au moment de son décollage.

« Nous avons peur de vivre dans cette ville et nous essayons de fuir Kaboul », a déclaré à l’AFP un homme de 25 ans à l’aéroport. « J’ai lu sur Facebook que le Canada acceptait des demandeurs d’asile en provenance d’Afghanistan. J’espère que je serai l’un d’entre eux. Depuis que j’ai servi dans l’armée, j’ai perdu mon travail, et c’est dangereux pour moi de vivre ici car les talibans vont me prendre pour cible, c’est sûr. » Comme lui, « des Afghans se pressaient devant un guichet de traitement des visas pour tenter d’obtenir un visa pour les États-Unis (…) beaucoup sont venus vers moi en pleurant », a rapporté dimanche un correspondant de la chaîne américaine NBC News.

Ce vol d’urgence a plongé l’aéroport dans le chaos. Les ambassades étrangères ont prévenu leurs ressortissants et les citoyens afghans de ne pas s’y rendre à moins d’en recevoir l’ordre.

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Six mille Américains déployés

Des vidéos, comme celle tournée par le journaliste Jawad Sukhanyar, montrent de nombreuses personnes tentant de rejoindre l’aéroport lundi matin alors que des coups de feu retentissent dans l’air. Selon des témoins sur place, les soldats américains ont tiré en l’air pour disperser la foule. Le président américain Joe Biden, qui avait déployé 5 000 soldats à l’aéroport de Kaboul en Afghanistan pour évacuer quelque 30 000 membres du gouvernement américain et du personnel de soutien, a décidé dimanche d’envoyer 1 000 soldats supplémentaires à l’aéroport.

Dans ce mouvement de panique, des personnes ont été blessées, voire tuées, selon des témoins sur place, mais ces informations n’ont pas encore été confirmées par les autorités. Face à la détérioration de la situation, les vols commerciaux ont été annulés, ont indiqué lundi les autorités aéroportuaires à l’AFP. Seuls les vols militaires sont autorisés. Malgré les tirs et les difficultés croissantes, les personnes poussées par le désespoir continuent de se presser sur le tarmac pour quitter l’Afghanistan. S’ils échouent, la perspective de rentrer chez eux est dangereuse. Sur Twitter, la journaliste américaine Jane Ferguson affirme que « ceux qui sont partis de l’aéroport il y a quelques heures sont maintenant confrontés aux points de contrôle des talibans s’ils veulent rentrer chez eux ».

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Afghanistan : les vols commerciaux annulés à l’aéroport de Kaboul en raison du chaos

L’autorité afghane de l’aviation civile a également demandé à toutes les compagnies aériennes d’éviter l’espace aérien du pays, qui a été laissé aux militaires. Les vols commerciaux ont été annulés à l’aéroport de Kaboul alors que des milliers d’Afghans cherchent à fuir leur pays dans le chaos le plus total, a annoncé lundi 16 août l’autorité aéroportuaire de la capitale. Les talibans sont entrés dans la capitale dimanche, provoquant l’évacuation des ressortissants étrangers et la panique d’une partie de la population. « Il n’y aura pas de vols commerciaux au départ de l’aéroport Hamid-Karzai, pour éviter les pillages. Veuillez ne pas vous précipiter à l’aéroport », a indiqué l’autorité aéroportuaire dans un message envoyé à la presse.

L’Autorité de l’aviation civile afghane (ACAA) a également invité toutes les compagnies à éviter l’espace aérien du pays, laissé aux militaires. Elle « conseille aux avions en transit de se dérouter » et ajoute que « tout transit dans l’espace aérien de Kaboul sera incontrôlé ». Lufthansa et Air France ont annoncé qu’elles ne survoleraient pas l’Afghanistan « jusqu’à nouvel ordre ». British Airways et Virgin Atlantic ont également déclaré qu’ils « n’utilisent plus l’espace aérien afghan ».

Plusieurs vidéos postées sur les réseaux sociaux montrent des scènes de panique à l’aéroport de Kaboul en Afghanistan lundi matin. Une foule d’Afghans et d’étrangers se sont massés sur le tarmac, tentant de monter dans un avion et de fuir le pays. Une vidéo, publiée par une chaîne de télévision locale, montre des centaines de personnes courant près d’un avion de transport militaire américain, tentant de s’accrocher à ses côtés et à ses roues. Plusieurs ambassades occidentales se sont réfugiées dans l’aéroport pour coordonner l’évacuation de leurs ressortissants.

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Afghanistan : le jour où les talibans sont entrés dans Kaboul

Après une offensive éclair, les insurgés ont atteint la capitale dimanche. Ce jour annonce le retour au pouvoir du mouvement islamiste radical, vingt ans après en avoir été chassé. Les talibans ont atteint Kaboul dimanche 15 août. En seulement dix jours d’une offensive fulgurante à travers l’Afghanistan, les insurgés ont assuré le contrôle du territoire. Leur entrée dans la capitale est le symbole de leur victoire militaire totale sur l’armée et le gouvernement afghans.

Le même jour, la population a appris que son président, Ashraf Ghani, avait quitté l’Afghanistan . Quant aux ambassades occidentales, elles s’activent pour évacuer au plus vite leurs ressortissants. Franceinfo revient sur cette journée qui annonce le retour au pouvoir du mouvement islamiste radical, vingt ans après en avoir été chassé par une coalition internationale menée par les États-Unis.

Le drapeau des talibans flotte à Kaboul

Dimanche matin, les talibans sont aux portes de la capitale afghane en Afghanistan . Mais un porte-parole du mouvement islamiste a déclaré sur Twitter que les combattants ont reçu l’ordre de ne pas entrer dans Kaboul. En début d’après-midi, une journaliste de la chaîne de télévision américaine PBS a filmé depuis son hôtel un groupe d’hommes tenant un drapeau taliban. Ils marchent et chantent en direction du palais présidentiel. Ils ne portent apparemment pas d’armes, selon la journaliste sur place. Les talibans sont entrés dans la capitale afghane, affirme Liz Sly, correspondante du Washington Post.

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Dans l’après-midi, la nouvelle est tombée : le président afghan Ashraf Ghani a quitté l’Afghanistan. Son ancien rival et vice-président Abdullah Abdullah, chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, en a fait l’annonce dans une vidéo publiée sur sa page Facebook. La veille, Ashraf Ghani avait déclaré vouloir négocier une transition pacifique du pouvoir. Dans la foulée, un porte-parole des talibans a mis en ligne un nouveau communiqué. Cette fois, les combattants islamistes ont reçu l’ordre d’entrer dans Kaboul pour « assurer l’ordre » dans les quartiers « désertés par la police ».

En fin d’après-midi, leur présence en armes a été confirmée. Un journaliste américain de la chaîne NBC a indiqué sur Twitter avoir vu des combattants talibans armés dans les rues de Kaboul. « J’imagine que beaucoup d’autres vont arriver dans les prochaines heures », a-t-il prédit.

Afghanistan : Portraits de femmes effacés dans les rues

Au fil de la journée, Kaboul en Afghanistan change déjà progressivement de visage, comme en témoigne cette opération d’effacement des images de femmes sur les murs de la capitale, rapportée sur Twitter par un journaliste de la télévision locale. Plusieurs milliers d’Afghans ayant travaillé pour les Américains tentent également de quitter le pays au plus vite, par crainte de représailles. Un journaliste de la chaîne de télévision américaine NBC a publié sur Twitter une photo d’Afghans remplissant des formulaires pour tenter d’obtenir un visa pour les États-Unis. Au total, le Pentagone estime qu’environ 30 000 personnes devront être évacuées d’ici le 31 août, date fixée par le président Joe Biden pour le retrait total des forces américaines.

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Afghanistan : Les Occidentaux évacuent leurs ambassades

Comme dans la journée de samedi, les hélicoptères américains en Afghanistan ont poursuivi dimanche leurs incessantes rotations entre l’ambassade américaine, gigantesque complexe situé dans la « zone verte » ultra-fortifiée du centre de la capitale, et l’aéroport, désormais seule voie de sortie du pays. C’est « la fin », a conclu un journaliste du Wall Street Journal en tweetant cette photo de l’évacuation du personnel de l’ambassade américaine à Kaboul, sous la protection de soldats américains. Mais c’est une autre image qui frappe les esprits, largement relayée sur Twitter, notamment par Liz Sly.

La photo d’un hélicoptère s’élevant dans le ciel de Kaboul au-dessus de l’ambassade américaine. L’image a rappelé celles du départ précipité des Américains lors de la chute de la capitale vietnamienne en 1975, pendant la guerre du Vietnam. « Ce n’est pas Saigon », a déclaré au même moment sur CNN le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, en référence à ce souvenir encore douloureux pour les Etats-Unis.

Plusieurs autres pays occidentaux prennent également des mesures pour réduire au strict minimum leur présence en Afghanistan. Les autorités danoises et allemandes ont annoncé dimanche que tous leurs expatriés avaient été transférés à l’aéroport de Kaboul. Ceux du Canada ont déjà quitté le pays, a indiqué Ottawa. De son côté, l’Allemagne transfère dimanche son personnel diplomatique à l’aéroport de Kaboul, avant une évacuation prévue lundi. L’ambassadeur de France à Kaboul, David Martinon, a tweeté une vidéo de son équipe évacuant la « zone verte ».

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L’ambassade de France a également été déplacée vers l’aéroport, tandis que des renforts militaires et des moyens aériens ont été envoyés aux Émirats arabes unis en prévision de l’évacuation des derniers ressortissants français encore présents en Afghanistan. Dimanche soir, les talibans ont confirmé leur présence dans onze quartiers de la ville. Ils ont continué à progresser. Trois chefs talibans ont déclaré à l’AFP que les combattants contrôlaient désormais le palais présidentiel. Dans une rue de la capitale, un reporter filme des talibans juchés sur un Humvee, un véhicule de l’armée américaine. A la nuit tombée, sur le tarmac de l’aéroport de Kaboul, les évacuations se poursuivent. Un journaliste qui filme la scène parle de « chaos absolu ».

Désormais exilé dans un lieu inconnu, le président afghan Ashraf Ghani explique enfin qu’il a fui son pays pour éviter un « bain de sang ». « Les talibans ont gagné (…) et sont maintenant responsables de l’honneur, de la possession et de l’auto-préservation de leur pays », a-t-il écrit dans un post Facebook. Au même moment, la chaîne Al-Jazeera a diffusé des images de combattants islamistes à l’intérieur du palais présidentiel.

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