25 mai 2022

Covid-19 : Les hôpitaux submergés par la 4e vague de l’épidémie

3 531 patients atteints de Covid-19 ont été admis à l’hôpital la semaine dernière, soit près de deux fois plus (+92%) que la semaine précédente, a indiqué l’agence sanitaire dans son point hebdomadaire sur la pandémie.

« L’augmentation du nombre de nouvelles hospitalisations et d’admissions en soins intensifs s’est accélérée ». Dans son point hebdomadaire sur la pandémie, Santé publique France fait état de 3 531 patients atteints de Covid-19 admis à l’hôpital la semaine dernière, soit près de deux fois plus (+92%) que la semaine précédente, « confirmant l’impact hospitalier de cette quatrième vague épidémique » de Covid-19. La semaine précédente, cette augmentation n’était que de 51%.

Dans les unités de soins intensifs, qui prennent en charge les patients les plus graves, les admissions ont doublé (+98% à 746) après une augmentation de 81% la semaine précédente. « Les décès liés au Covid-19 ont augmenté pour la deuxième semaine consécutive », avec 272 décès la semaine dernière, soit 93% de plus que la semaine précédente.

Des patients plus jeunes

Les taux d’hospitalisation « étaient en hausse dans la majorité des régions » et étaient les plus élevés en Corse, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie, où les plans blancs ont été réactivés cette semaine, ainsi qu’en Martinique et en Guadeloupe, où des internements ont été décidés, a précisé l’agence sanitaire, notant un rajeunissement des patients hospitalisés.  » L’âge médian des patients admis à l’hôpital  » diminue « , a indiqué Santé publique France, précisant que la semaine dernière,  » il était de 57 ans « , contre 63 ans l’an dernier à la même période. Cet âge médian « avait augmenté jusqu’en novembre 2020 pour atteindre 79 ans, puis a diminué de manière continue à partir de décembre 2020 ».

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« Cette observation reflète l’impact de la vaccination », qui a débuté fin décembre 2020, « qui a ciblé en priorité les plus âgés », que l’on a donc « mécaniquement » moins retrouvés parmi les personnes hospitalisées, a expliqué Nicolas Methy, épidémiologiste à Santé publique France, lors d’un point presse en ligne.

L’âge médian des patients admis en soins intensifs diminue également : il était de 59 ans la semaine dernière contre 61 ans l’an dernier à la même époque. Il « avait augmenté jusqu’en décembre 2020 pour atteindre 71 ans, puis diminué à partir de janvier 2021″, précise Santé publique France.

« Nous commençons à voir la quatrième vague franchir les portes de l’hôpital », avait déclaré plus tôt ce vendredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, notant que « certaines personnes admises à l’hôpital regrettent de ne pas avoir été vaccinées alors que cela aurait pu les protéger. »

Covid-19 : que sait-on du statut vaccinal des malades hospitalisés en France ?

Une nouvelle étude de la Drees, le service statistique des ministères sociaux, suggère que la protection apportée par la vaccination est forte. Selon l’étude, 84% des personnes hospitalisées en France pour une infection à Covid-19 ne sont pas vaccinées. Publiée pour la première fois, une étude menée par la Drees, le service statistique des ministères sociaux, a croisé les données sur les résultats des tests Covid-19, les vaccinations anti-Covid et les hospitalisations conventionnelles ou en soins intensifs (service de réanimation, unité de soins intensifs et unité de soins continus) pour cette maladie.

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Les différents chiffres rapportés par cette étude montrent que la vaccination protège contre l’hospitalisation et le développement de cas graves, la Drees notant que « l’augmentation récente des admissions hospitalières est le fait de personnes non vaccinées ».

Selon une première analyse des données recueillies du 31 mai au 11 juillet, les personnes non vaccinées représentent 84% des hospitalisations dites classiques et 85% des hospitalisations en soins intensifs.

Si la vaccination n’empêche pas la contraction du Covid-19, comme le développement d’une forme sévère, l’étude montre que le risque d’être hospitalisé, en soins continus comme en soins intensifs, est nettement plus élevé pour les personnes vaccinées que pour la population générale. En effet, les patients totalement vaccinés représentent 7% des admissions, une proportion cinq fois inférieure à la couverture vaccinale de la population au moment de la réalisation des travaux (35% de la population avait un calendrier vaccinal complet et 45% n’avait reçu aucune dose de vaccin).

Concernant les décès enregistrés durant cette période, une grande majorité (78%) concernait des personnes non vaccinées, 11% des personnes totalement vaccinées et 11% des personnes ayant reçu une première dose.

Enfin, l’étude présente une première évaluation de la dangerosité du variant Delta. « La proportion de patients porteurs de la mutation delta est plus élevée parmi les patients entrant en soins intensifs que parmi les patients entrant en hospitalisation classique et parmi tous les cas testés positifs », souligne la Drees. Toutefois, le ministère reste prudent car durant cette période, le variant delta n’était pas encore bien identifié.

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La vaccination progresse, mais où en est la recherche de traitements ?

L’Union européenne a commandé 220 000 doses d’un traitement prometteur. Des scientifiques israéliens ont peut-être identifié trois médicaments existants qui sont efficaces contre la maladie. Nous faisons le point sur les dernières données dans ce domaine. Depuis le début de la campagne fin 2020, la vaccination contre le Covid-19 destinée à atteindre la fameuse immunité collective est au centre de l’attention. Peut-être au point d’occulter le fait que les scientifiques du monde entier cherchent toujours intensément des traitements pour réduire les formes graves du virus. Si aucun remède miracle n’a encore été trouvé, certains médicaments sont prometteurs, tandis que d’autres ont déjà fait leurs preuves pour certaines catégories de patients ou pour limiter certaines complications.

Ce mercredi, l’Union européenne a passé une commande de 220 000 doses d’un traitement expérimental. Sur quoi repose-t-il ? Quelles sont celles qui sont aussi sources d’espoir ? On fait le point.

Le sotrovimab de GSK

L’Union européenne vient de passer une commande à la société GlaxoSmithKline (GSK). Selon la Commission européenne, le médicament expérimental en question, le Sotrovimab, agit grâce à des « anticorps monoclonaux de sotrovimab ». « Les anticorps monoclonaux sont des protéines conçues en laboratoire qui imitent la façon dont le système immunitaire combat le coronavirus », indique le site web de la Commission, ajoutant qu' »ils se lient aux protéines de pointe et empêchent ainsi le virus de pénétrer dans les cellules humaines ».

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Bien que l’Union européenne n’ait pas encore donné le feu vert à ce traitement, le Sotrovimab fait actuellement l’objet d’une évaluation continue par l’Agence européenne des médicaments (EMA). Il est destiné à être utilisé chez les patients présentant des symptômes légers de Covid-19 qui n’ont pas besoin d’oxygène mais qui présentent un risque élevé de développer une forme grave de la maladie. Par conséquent, à partir de mercredi, le Sotrovimab est disponible dans chaque État membre selon les besoins, après avoir reçu une autorisation d’utilisation d’urgence ou une autorisation de mise sur le marché (conditionnelle) de l’Agence européenne des médicaments.

Le cocktail REGEN-COV de Regeneron

En France, le traitement à base d’anticorps monoclonaux a déjà fait ses preuves contre le Covid-19. A la mi-mars, des autorisations temporaires ont été délivrées pour le traitement précoce des adultes à risque de développer des formes sévères de la maladie. Plus de 1 000 patients ont bénéficié de ces autorisations, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

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L’un des deux médicaments concernés par cette première autorisation en France de bithérapies basées sur des anticorps synthétiques était REGN-COV2, une combinaison de casirivimab et d’imdevimab de Roche (co-développé par Regeneron).

Mais à la mi-juin, le vaste essai britannique Recovery a montré que les anticorps synthétiques de Regeneron, précédemment utilisés dans la phase précoce de Covid-19, peuvent également être utiles chez un certain type de patients hospitalisés gravement malades. Ce traitement « réduit le risque de mortalité lorsqu’il est administré à des patients hospitalisés atteints d’une forme grave de Covid dont l’organisme n’a pas développé naturellement ses propres anticorps », ont assuré les responsables de l’essai dans un communiqué. Il peut s’agir de personnes dont le système immunitaire est affaibli (par d’autres maladies ou par des traitements, après une greffe par exemple). On dit qu’elles sont « immunodéprimées » : leur organisme ne produit pas assez d’anticorps pour se défendre après une infection par le Covid ou après une vaccination.

Le cocktail d’Eli Lilly

Le deuxième médicament concerné en mars par l’autorisation en France des bithérapies à base d’anticorps synthétiques est celui de du laboratoire Ely Lilly, combinant bamlanivimab et etesevimab. Le groupe pharmaceutique venait alors d’annoncer des résultats positifs pour ce traitement, qui réduit de 87 % les hospitalisations et les décès, selon les essais menés par la société. Fin janvier, la société avait déjà indiqué que la combinaison des deux anticorps, bamlanivimab et etesevimab, réduisait de 70% le risque d’hospitalisation et de décès. Le dosage était alors de 2,8 grammes chacun.

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Ce traitement est autorisé en urgence aux États-Unis depuis début février (à raison de 700 mg de bamlanivimab et de 1,4 gramme d’etesevimab), pour les personnes à risque, en raison de leur âge ou de leurs antécédents médicaux. Un premier traitement de la même société, basé uniquement sur le bamlanivimab, a été approuvé dans le pays début novembre.

Tocilizumab

Début juillet, une nouvelle étude portant sur près de 11 000 patients a montré qu’une classe d’anti-inflammatoires, dont le tocilizumab, réduit efficacement le risque de décès chez les patients hospitalisés atteints de Covid-19. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a depuis lors recommandé leur utilisation, avec des corticostéroïdes, chez les patients présentant des cas graves de Covid-19, a-t-elle annoncé.

Le tocilizumab, administré par voie intraveineuse, avait donné des résultats mitigés dans divers essais cliniques de moindre envergure, mais cette étude, publiée dans la revue scientifique Jama, compile les résultats de 27 essais cliniques dans 28 pays. Elle est la première à inclure un si grand nombre de personnes.

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Il convient de noter que cette étude a également porté sur l’anticorps monoclonal sarilumab, un médicament développé par la société française Sanofi et utilisé à l’origine pour traiter la polyarthrite rhumatoïde, comme le tocilizumab, qui est fabriqué par Roche.

Dexaméthasone

Parmi les patients hospitalisés dans cette méta-analyse, l’administration d’un de ces deux médicaments en même temps que les corticostéroïdes a réduit le risque de décès de 17 %, par rapport à l’utilisation des corticostéroïdes seuls. Pour rappel, les corticostéroïdes tels que la dexaméthasone, qui ont également un effet anti-inflammatoire, ont été le premier traitement à réduire la mortalité due au Covid-19.

Depuis septembre, l’Organisation mondiale de la santé et l’Agence européenne des médicaments recommandent l’utilisation de la dexaméthasone sur la base des résultats de la grande étude britannique Recovery. Plus largement, l’OMS recommande « l’utilisation systématique de corticostéroïdes chez les patients atteints de maladies graves ou critiques ». Comme les corticostéroïdes, les anticoagulants sont utilisés chez les patients les plus gravement atteints, le but étant d’éviter les caillots sanguins, l’une des complications graves du Covid-19.

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3 autres médicaments testés en Israël se sont révélés très efficaces

Il y a quelques jours, des scientifiques israéliens ont assuré avoir identifié trois formules capables de lutter efficacement contre le Covid-19 après avoir examiné plus de 3.000 médicaments différents. Leurs travaux, menés dans un laboratoire de Jérusalem et rapportés par le Times of Israel, révèlent un taux de réussite de « presque 100% » pour chacun de ces traitements existants. Il s’agit notamment du Darapladib, un médicament pour le traitement de l’athérosclérose, du Flumatinib, un traitement contre le cancer, et enfin d’un médicament contre le VIH, dont le nom n’a pas été divulgué.

Pour confirmer ces premiers essais prometteurs et déterminer si ces médicaments sont aussi efficaces contre les variants, à commencer par le Delta, des essais cliniques doivent maintenant être menés.