25 janvier 2022

Bernard Tapie en fin de vie ? L’homme d’affaires est hospitalisé et dans un état « très critique»

Les médecins ont constaté « l’apparition de nouvelles tumeurs depuis plusieurs jours » chez Bernard Tapie, atteint d’un cancer, a déclaré son fils.

Bernard Tapie est actuellement hospitalisé et son état de santé est « très préoccupant », a déclaré jeudi son fils, alors que le procès de l’homme d’affaires dans l’affaire de l’arbitrage controversé de 2008 se poursuit en son absence.

« Je ne vous cache pas que les chances statistiques quand on en est à ce stade sont effroyables », a déclaré Laurent Tapie sur BFMTV, expliquant que les médecins ont constaté « des apparitions de nouvelles tumeurs depuis plusieurs jours » chez son père, atteint d’un cancer.

Le report du procès refusé par la cour d’appel de Paris.

bernard tapie

« Il en a une dans le cerveau, qui doit être traitée par radiothérapie, il en a deux dans les reins qui doivent être traitées par cryogénie, il en a dans l’abdomen », a-t-il ajouté, précisant que l’actuel patron du groupe de presse La Provence a d’autres petites tumeurs « un peu partout ». Face à cette dégradation, la défense de l’ancien patron d’Adidas a demandé mardi un report de son appel dans l’affaire de l’arbitrage controversé censé mettre fin à son litige avec le Crédit lyonnais sur la vente des équipements sportifs.

Cette demande a été refusée par la cour d’appel de Paris « au motif qu’un tel renvoi serait contraire au respect du délai raisonnable auquel ont droit les défendeurs ». La présidente a motivé sa décision en rappelant que Bernard Tapie avait été entendu pendant l’instruction et le procès en première instance. Ce refus est « scandaleux », a déclaré son fils, pour qui le témoignage de Bernard Tapie, acquitté en première instance, « est indispensable » à la tenue d’un nouveau procès. Selon lui, ne pas entendre son père « signifie qu’il est probable » que la juge « a déjà pris sa décision. »

Un recours devant la Cour suprême

bernard tapie santé

Mardi, les avocats de Bernard Tapie ont quitté la salle d’audience à l’annonce de la poursuite du procès, et ont déposé un pourvoi en cassation contre cette décision. Le procès se poursuit donc en leur absence. Il avait déjà été reporté en octobre après une demande de Bernard Tapie liée à une dégradation de son état de santé.

Dans cette affaire, l’ancien président de l’Olympique de Marseille est soupçonné d’avoir, avec des complices, « truqué » un arbitrage privé effectué en 2008, qui devait régler son litige avec le Crédit lyonnais. Cet arbitrage avait conclu à une « faute » de l’ancienne banque publique et accordé à l’entrepreneur 403 millions d’euros. La sentence a depuis été annulée au civil pour « fraude », Bernard Tapie étant définitivement condamné à rembourser les sommes perçues.

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Bernard Tapie a « souffert le martyre » dernièrement et veut choisir sa mort

Bernard Tapie est atteint d’un double cancer depuis plusieurs années, son état s’est aggravé en mai dernier. Bernard Tapie a semblé plaider, jeudi soir sur LCI, pour choisir sa mort. L’homme d’affaires et ancien ministre souffre d’un double cancer depuis des années.

bernard tapis

La maladie s’est brusquement aggravée en mai, alors que se tenait son procès en appel dans l’affaire de l’arbitrage du Crédit lyonnais. « J’ai vécu un mois de douleurs très intenses », a expliqué Bernard Tapie sur la chaîne d’information en continu. « Je suis dans une phase un peu moins douloureuse. Mais j’ai été pendant un mois à souffrir le martyre du matin au soir, sans pouvoir me lever, manger. Vous vous battez contre cette volonté d’en finir ».

L’ancien président de l’Olympique de Marseille s’est donc fait l’avocat du droit à mourir dans la dignité, sans toutefois jamais prononcer le mot euthanasie. « Il faut arrêter de nous embêter pour vouloir que l’on vive comme ils l’ont décidé. (…) Est-ce que je vais m’occuper de la manière dont tel ou tel ministre va mourir ? Chacun a sa propre mort. Lorsque l’état de santé de Bernard Tapie s’est dégradé en mai, son fils, Laurent Tapie, a expliqué que « les chances statistiques (de survie, ndlr) quand on en est à ce stade sont effroyables » mais que le « pronostic vital [n’était] pas engagé à court terme ».

Bernard Tapie dénonce un discours « fasciste » de Thierry Mariani

L’ancien président de l’OM et ministre de Mitterrand, toujours capable de colère, s’est exprimé sur l’avenir politique « d’une des plus belles régions du monde » et appelle « à faire barrage au FN ». On connaît l’homme combatif, passionné et capable de colère. Dans une interview accordée à plusieurs médias, Bernard Tapie appelle au micro de France 3 à « faire barrage au FN en PACA » pour le second tour des élections régionales.

tapie bernard

« Il faut être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que le Front devenu Rassemblement national n’est pas le même », a déclaré l’ancien président de l’OM. Bernard Tapie a ensuite tenu un discours rageur contre Thierry Mariani dans un style que l’on connaît bien. Dénonçant un « discours fasciste, impératif », où le candidat du RN exhorte les électeurs à aller voter pour lui, sans quoi ils continueront « à avoir peur », Bernard Tapie s’est emporté : « Il se croit où ? Il ne se soucie pas du monde. Comment parle-t-on aux électeurs ? « , a-t-il lancé. Il s’est également dit inquiet pour l’avenir politique de  » l’une des plus belles régions du monde « .

Une peine de cinq ans de prison avec sursis est demandée contre l’homme d’affaires

Bernard Tapie, gravement malade selon ses proches, était absent pendant une grande partie du procèsLe parquet a requis mercredi cinq ans de prison avec sursis et 300.000 euros d’amende contre Bernard Tapie pour complicité d’escroquerie et détournement de fonds publics, dans le procès de l’arbitrage qui lui avait accordé 403 millions d’euros en 2008 dans son litige avec le Crédit lyonnais. Le parquet a également demandé trois ans, dont deux avec sursis, et 100 000 euros d’amende pour Stéphane Richard, patron d’Orange et à l’époque directeur de cabinet de la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, poursuivi pour complicité de détournement de fonds publics.

Pour l’accusation, les prévenus ont bien « manipulé » une procédure de règlement amiable organisée en 2007-2008 pour mettre fin à la longue bataille juridique entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais au sujet de la vente d’Adidas en 1993. Cette sentence arbitrale, qui avait conclu à une « faute » de l’ancienne banque publique et accordait notamment 45 millions d’euros à l’entrepreneur au titre du préjudice moral, a depuis été annulée au civil en 2015 pour « fraude ».

Obligation de restituer  » l’argent public indûment approprié « .

sante bernard tapie

Dans ce volet d’appel pénal, le parquet général a requis en l’absence de l’ex-ministre de 78 ans, atteint d’un cancer, et sans ses avocats, qui ont quitté l’audience le 25 mai après le rejet d’une nouvelle demande de report du procès. Compte tenu de « son état de santé actuel », le parquet a requis une peine de prison avec sursis pour Bernard Tapie, assortie d’une obligation de restituer « l’argent public indûment approprié » et de la confiscation des biens saisis.

Le parquet a décrit un « trio » dans lequel Tapie a joué un « rôle central » en donnant des « instructions » pour mettre en place un « faux » arbitrage. Son avocat de l’époque, Maurice Lantourne, a « sciemment introduit dans le processus un arbitre totalement acquis à sa cause », le haut magistrat Pierre Estoup, qui a eu « un rôle actif » pour « tromper l’Etat » et « les deux autres arbitres », en « manipulant les débats », selon l’accusation.

Plaidoiries la semaine prochaine

Le parquet a requis une peine de trois ans de prison avec sursis et 300 000 euros d’amende contre M. Lantourne et Pierre Estoup pour escroquerie, mais a demandé l’abandon des poursuites pour complicité de détournement de fonds publics. Contre deux anciens dirigeants des entités chargées de gérer le passif du Crédit lyonnais pour le compte de l’État, le ministère public a requis trois ans, dont deux avec sursis, et 100 000 euros d’amende pour l’un, et trois mois avec sursis et 10 000 euros d’amende pour l’autre.

Les six hommes avaient été acquittés en première instance par le tribunal correctionnel, avant que le ministère public ne fasse appel. Les plaidoiries de la défense sont prévues de lundi à mercredi, puis la décision sera mise en délibéré.

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