25 octobre 2021

Xavier Dupont de Ligonnès (vidéo) : le meurtrier toujours en cavale

La soirée du 19 avril a été consacré à l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès. Le documentaire qui lui était consacré revenait sur un mystérieux auto-stoppeur correspondant à sa description qui a été vu quelques jours après la date de sa disparition. Un détail a pu laisser penser qu’il s’agissait bien du fugitif.

L’affaire Xavier Dupont de Ligonnès est l’un des faits divers les plus fascinants de France. En avril 2011, les corps d’une famille nantaise, la mère et ses quatre enfants, sont retrouvés enterrés sous la terrasse de leur maison. Seul le père est porté disparu et devient rapidement le principal suspect de cet horrible meurtre. Depuis la découverte des corps, il n’a pas été retrouvé et le doute plane toujours sur ce qu’il est devenu. L’émission a choisi de consacrer sa soirée du 19 avril à cette affaire en proposant une série en trois épisodes, Xavier Dupont de Ligonnès, et s’il était en vie ? Le premier épisode était consacré à l’énigme elle-même. Le deuxième reposait sur l’hypothèse d’un suicide du fugitif. Le troisième portait sur l’hypothèse d’une longue cavale.

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De nouveaux détails glaçants sur l’affaire

La première partie de ce documentaire a permis de découvrir des éléments particulièrement glaçants de cette affaire, comme cette photo prise au stand de tir, où le père apparaît avec ses enfants avec le type d’arme qui a été utilisé pour les tuer. Dans une seconde séquence, un témoin raconte un dîner particulièrement éprouvant où Xavier Dupont de Ligonnès aurait parlé de la manière de se débarrasser d’un « gibier spécial qui correspond à la taille et au volume d’un corps humain, un sanglier ». Et la suite de cette conversation fait parfaitement froid dans le dos.  » Et elle m’a dit :  » Ils n’ont parlé que de ça pendant tout le dîner. Donner des techniques de désossage, etc.’. Des trucs de fous ! »

Un auto-stoppeur correspondant à sa description repéré après sa disparition.

Dans la troisième partie du documentaire, un spécialiste de l’affaire est revenu sur une histoire particulièrement troublante de Xavier Dupont de Ligonnès, qui accréditerait la thèse selon laquelle le fugitif était toujours en vie après sa disparition à Roquebrune-sur-Argens. Le 26 avril 2011, un automobiliste prend un auto-stoppeur à 2 heures du matin dans une station-service de Lançon-Provence, dont la ressemblance avec le père de famille est troublante.

Les policiers prennent l’affaire suffisamment au sérieux pour interroger le personnel en poste cette nuit-là. « Et ils vont regarder les vidéos. C’est effectivement troublant. Vous avez un type avec des sacs à dos. Il demande à la fille de la caisse si elle le reconnaît. Elle lui dit : ‘Oui, il est venu me demander un café et elle le reconnaît sur la photo' », a déclaré Alain Vasquez, ancien enquêteur criminel. Et un indice semble corroborer qu’il s’agit bien du Nantais Xavier Dupont de Ligonnès. « Et elle donne le détail très troublant qu’il lui manque une dent du côté droit, une molaire et que lorsqu’il lui a souri, elle a vu qu’il y avait un trou dans ses dents. Cela n’a jamais été rapporté par les médias ou qui que ce soit d’autre. C’est troublant », ajoute-t-il.

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Une fuite vers l’Amérique ?

Ces faits interviennent dix jours après la dernière apparition de Xavier Dupont de Ligonnès à l’hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens. « Selon l’automobiliste, il sentait mauvais. Il pourrait donc s’agir de quelqu’un qui est resté vivre dans les bois et ce type demande à être déposé à la gare d’Aix-en-Provence », conclut l’ancien enquêteur. Son ami de lycée Bruno de Stabenrath imagine qu’il a ensuite pris un cargo pour l’Amérique du Sud afin de mieux rejoindre les États-Unis et le Texas, « son rêve américain », où il a coulé des jours heureux durant sa jeunesse.

Guy Joao, l’homme confondu avec Xavier Dupont de Ligonnès en octobre 2019 est mort

Il s’était retrouvé, malgré lui, autour d’une tempête médiatique sans précédent. Guy Joao est décédé le vendredi 28 mai, comme l’a annoncé son épouse. En octobre 2019, il avait été arrêté en Écosse, pris pour le plus célèbre des disparus, Xavier Dupont de Ligonnès.

C’est un énorme couac qui avait agité l’opinion publique. Fin 2019, la nouvelle que Xavier Dupont de Ligonnès avait enfin été retrouvé par les autorités était sur toutes les lèvres. Soupçonné d’avoir tué sa femme et ses quatre enfants dans leur maison nantaise en 2011, l’homme est depuis introuvable, et est au cœur de nombreux fantasmes et autres hypothèses de fuite à l’étranger. Alors ce jour d’octobre 2019, lorsqu’un homme est arrêté à Glasgow alors qu’il descendait d’un avion en provenance de Paris, la police écossaise qui avait fait le lien avec Xavier Dupont de Ligonnès, a immédiatement donné l’alerte. L’individu arrêté s’appelle en fait Guy Joao, et n’est en rien impliqué dans cette sombre affaire. Ce lundi 31 mai, c’est le journaliste de M6, François Vignolle, qui a annoncé la mort du retraité français.

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Les raisons de la mort de Guy Joao révélées

« Guy Joao, est mort vendredi à 71 ans d’une longue maladie, a annoncé son épouse à M6. Intercepté en Écosse, pris pour Xavier Dupont de Ligonnès en octobre 2019, Guy Joao s’était retrouvé au cœur d’un effroyable quiproquo », peut-on lire dans ce message posté sur Twitter par le journaliste. Peu de temps après ce « quiproquo », c’est précisément François Vignolle qui avait recueilli les premières impressions de Guy Joao dans une interview diffusée sur M6. Encore traumatisé par cette affaire – puisqu’il avait été entendu pendant plusieurs heures par la police écossaise – l’homme, qui vit dans les Yvelines, avait d’abord voulu se tenir à l’écart de la pression médiatique.

Une histoire incroyable

Il est difficile d’être considéré pendant plusieurs jours comme un criminel présumé. Pour rappel, cet incroyable échec est en partie dû à une confusion autour des empreintes digitales de Guy Joao en pensant qu’il s’agissait de Xavier Dupont de Ligonnès. « Nous avons vécu (avec sa femme, ndlr) une histoire folle ou plutôt nous vivons une histoire folle. Nous ne pouvons pas faire le deuil de cette affaire » avait confié le retraité devant les caméras de M6, désireux d’obtenir réparation : « J’ai envoyé un courrier le 1er novembre à la ministre de la Justice pour être remboursé (d’une porte cassée lors de la perquisition de son domicile, ndlr) mais je n’ai pas reçu de réponse. On nous manque de respect dans cette histoire ! ».

Et si était parti en Australie ?

Dans un nouveau témoignage livré à RTL, Bruno de Stabenrath évoque des faits troublants qui, selon lui, accréditent l’idée d’une fugue. L’ami de jeunesse de Xavier Dupont de Ligonnès désigne également l’Australie comme terre de refuge. Au milieu du dévouement des enquêteurs, qui s’appuient depuis dix ans sur les éléments à leur disposition dans l’espoir de retrouver la trace de Xavier Dupont de Ligonnès, un homme tente de les mettre sur la bonne piste. Il s’agit de Bruno de Stabenrath.

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Cet ancien camarade de lycée de l’auteur présumé du quintuple meurtre de la famille le connaissait bien. Il a écrit un livre qui participe à sa traque, depuis avril 2011. Lui aussi souhaite que la vérité éclate sur cet événement sanglant et mystérieux. Et dans le podcast intitulé Les Voix du Crime, ce jeudi 29 avril, cet intime explore des pistes qui lui semblent crédibles. Tout d’abord, il est convaincu que Xavier Dupont de Ligonnès ne s’est pas suicidé. Il mènerait donc une fuite ingénieuse, peut-être avec l’aide logistique et financière de la « secte » religieuse que dirige sa mère, Geneviève. Et puis, il déniche différentes issues potentielles.

Une évasion, plusieurs destinations plausibles

Il imagine d’abord une fuite en cargo vers Hambourg ou un pays d’Amérique du Sud, puisque Xavier Dupont de Ligonnès était brun, mat de peau et parlait espagnol. Selon lui, il aurait profité des mesures moins restrictives de certaines douanes, voire de la corruption qui sévit parmi les autorités de certains pays, comme la Thaïlande, où il assure que trois personnes témoignent avoir vu le fugitif. On parle aussi du fameux Ranch aux Etats-Unis, où le meurtrier présumé était tombé amoureux d’une femme nommée Mindy lors d’un long road-trip avec son meilleur ami, alors qu’il était trentenaire. Mais Bruno de Stabenrath croit finalement que la destination la plus probable pour lui est l’Australie.

« Arthur en a parlé, et Agnès aussi ».

Il explique : « L’Australie, Arthur (l’un des fils) en parlait à ses amis. On se souvient que les derniers mois avant les meurtres, Agnès (l’épouse de Xavier Dupont de Ligonnès) est très inquiète. Elle se confie à des amis, à un prêtre. Il y a une scène incroyable qu’on m’a racontée. Nous sommes dans le jardin, trois ou quatre semaines avant les crimes, Xavier fait un grand barbecue avec Thomas et Benoît (ses autres fils) et ils brûlent beaucoup de papiers. Comme quelqu’un qui ne veut pas laisser de trace. Je pense que Xavier aurait pu dire à Agnès et aux quatre enfants : « J’ai trouvé un travail en Australie, on y va tous ».

Arthur en a parlé et Agnès aussi, à une de ses belles-sœurs. Et comme Xavier coupe souvent la branche sur laquelle il est assis, pourquoi pas l’Australie ! J’y suis allé il y a deux ans, et c’est vrai qu’on est loin de tout. Personne ne s’intéresse à l’affaire de Ligonnès. Personne ne le recherche. Ce n’est pas un trafiquant de drogue, ce n’est pas un terroriste, ce n’est pas un cybercriminel, il n’est pas lié au crime organisé. Ainsi, pour Bruno de Stabenrath, plus la fuite est lointaine et isolée, plus efficace aurait été la volonté de Xavier Dupont de Ligonnès de se reconstruire.

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