28 novembre 2021

Terrorisme : La France entière est menacée par Al-Qaïda

Une nouvelle menace terrorisme en vidéo d’Al-Qaïda datée du 15 juillet vise la France et notamment Emmanuel Macron et Gérald Darmanin. La place Beauvau appelle les préfets à maintenir le niveau de vigilance « à un niveau élevé, tout au long de l’été ».

C’est un appel à la vigilance très ferme face à un message de terrorisme d’une grande « virulence ». Dans un télégramme aux préfets daté du 21 juillet, le directeur de cabinet du ministère de l’Intérieur alerte sur le risque élevé d’actes contre la France.

emmanuel macron

En cause, une nouvelle vidéo terrorisme menaçant la France. Elle est signée Al-Qaïda, via As-Sahab, sa « société de médias ». Pierre de Bousquet, le chef de cabinet de la place Beauvau, pointe un « potentiel important de diffusion » de ces images en arabe, sous-titrées en anglais, « consacrées dans leur intégralité à la condamnation du blasphème incarné par les caricatures de Mahomet ».

La perspective du procès des attentats du 13 novembre

La France est clairement visée par le terrorisme tout au long de la vidéo, érigée en « tête de pont de la prétendue guerre de l’Occident contre l’islam ». Emmanuel Macron et Gérald Darmanin sont même directement cités.

La menace de terrorisme est importante, Pierre de Bousquet la compare à celle de l’automne 2020, lorsque la France avait été frappée par une série d’attaques terroristes en plein procès des attentats de Charlie Hebdo. Le risque est que ce nouvel appel d’Al-Qaïda incite des individus présents sur le territoire français à passer à l’acte, correspondant à ce que les services de renseignement appellent la menace endogène terrorisme .

terrorisme

Or, le 8 septembre, un nouveau procès médiatique va s’ouvrir à Paris, celui des attentats du 13 novembre 2015. En conséquence, la Place Beauvau appelle les préfets à maintenir le niveau de vigilance « à un niveau élevé, tout au long de l’été, et notamment à l’approche du procès de septembre. » Et ce, notamment via l’action de détection de la menace terrorisme avec les réunions hebdomadaires des groupes départementaux d’évaluation (GED). Et la sécurisation des différents événements rassemblant la population conformément à la posture de sécurité renforcée Vigipirate, risque d’attentat « .

 » C’est un rappel à la vigilance, comme on le fait régulièrement, mais il n’y a pas eu d’augmentation du niveau de menace de terrorisme », a déclaré un haut responsable du renseignement. Des instructions spécifiques seront données à la rentrée scolaire.

Qu’est devenue Al-Qaïda après la mort de Ben Laden il y a 10 ans ?

Depuis la mort de son leader historique début mai 2011, l’organisation terroriste (donc de terrorisme ) peine à exister. Désormais divisée en plusieurs branches, elle a laissé place à l’État islamique.

etat islamique

C’était il y a 10 ans. Dans la nuit du 1er au 2 mai 2011, les forces spéciales américaines lançaient un raid au Pakistan dans le cadre de l’opération Geronimo, mettant fin à dix ans de traque d’Oussama ben Laden, cerveau des attentats du 11 septembre.

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Depuis la mort de son chef et l’entrée des États-Unis en Afghanistan, l’organisation Al-Qaïda telle que nous la connaissions n’existe plus. Elle a dû se décentraliser : AQPA, Al-Qaïda dans la péninsule arabique, est considérée comme l’une des plus dangereuses avec un terrorisme extrêmement développé. Elle est à l’origine de l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015.

Il y a aussi les Shebab en Somalie, qui ont des liens avec les talibans en Afghanistan. Enfin, l’une des principales cibles de la France au Sahel, AQMI, Al-Qaïda au Maghreb islamique. Ainsi, cette organisation a souvent disparu au profit de l’État islamique comme en Irak ou en Syrie, même si de petits groupes subsistent.

Le chef terrorisme historique du groupe a été remplacé par l’Egyptien Ayman al-Zawahiri. L’individu de 69 ans, ancien médecin personnel d’Oussama ben Laden, est sans doute caché quelque part entre Afghanistan et Pakistan. Il n’a pas le charisme de son prédécesseur et cela se ressent dans l’organisation : contrairement à l’État Islamique qui voulait créer un Califat, al-Zawahiri préfère se concentrer sur la guérilla internationale. Il a donc créé des sortes de « franchises » qui bénéficient d’une très grande autonomie pour continuer d’exister.

Ayman al-Zawahiri est bien moins recherché que Ben Laden. Même si les États-Unis offrent 25 millions de dollars pour sa capture, il n’est sans doute plus qu’un vieux monsieur malade, terré dans la montagne extrêmement engagé dans le terrorisme .

ben laden

Jugement attentats de janvier 2015 : Ali Riza Polat va faire appel de sa condamnation

Ali Riza Polat, présenté comme la « pièce maîtresse » des actes préparatoires, a été condamné mercredi à 30 ans de prison, avec une période de sûreté des deux tiers.

Ils ont délibéré pendant 48 heures dans une caserne à Paris. Les cinq magistrats de la cour d’assises spéciale de Paris ont rendu leur verdict dans le procès des attentats terroristes de janvier 2015, mercredi 16 décembre. Quatorze accusés pratiquant le terrorisme , dont 11 présents à l’audience, étaient jugés pour leur rôle dans la préparation des attentats commis par les frères Saïd et Cherif Kouachi et Amedy Coulibaly, qui ont fait 17 morts.

Les 14 accusés ont été condamnés à des peines allant de quatre ans à la prison à vie. Ali Riza Polat, présenté comme la « pièce maîtresse » des actes préparatoires, a été condamné à 30 ans de prison, avec une période de sûreté de deux tiers. Son avocat a annoncé son intention de faire appel. Suivez notre couverture en direct.

  • Des peines allant de 4 ans à la prison à vie. Sur les 14 accusés, 11 étaient poursuivis pour « association terroriste criminelle », dont Hayat Boumeddiene, également poursuivie pour financement du terrorisme. Mohamed Belhoucine et Ali Riza Polat étaient poursuivis pour  » complicité de crimes terroristes « . Christophe Raumel était poursuivi pour simple association de malfaiteurs.
  • La qualification terroriste écartée pour six accusés. La cour d’assises spéciale de Paris a écarté la qualification terroriste pour six des onze accusés présents. Les cinq juges professionnels ont déclaré les six accusés coupables d’association de malfaiteurs mais n’ont pas retenu la qualification terroriste. Ali Riza Polat a été reconnu coupable de « complicité » dans les crimes terroristes commis par Saïd et Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly.
attentat france
  • Un verdict « pour l’histoire » ? « Votre décision sera scrutée, pesée, regardée à la loupe et servira de référence », a déclaré la procureure générale Julie Holveck dans son discours de clôture à la cour. Le verdict de ce procès historique, le premier en matière de terrorisme à être filmé, est en effet très attendu pour les futures nominations judiciaires à suivre, les procès des attentats du 13 novembre 2015 et de Nice en juillet 2016. Comment trouver la bonne sentence ? Les hommes de la boîte appartiennent plutôt au deuxième cercle logistique d’Amedy Coulibaly, le premier cercle étant parti en Syrie avant les attentats : son compagnon Hayat Boumeddiene et les frères Belhoucine, ces derniers étant donnés pour morts. Des zones d’ombre subsistent quant au circuit des armes des terroristes. Quant aux commanditaires des frères Kouachi, ils ne sont pas dans la boîte.
  • « Le cycle de la violence terrorisme sera enfin fermé. Lorsque le verdict sera rendu, « le cycle de la violence, qui a commencé il y a près de six ans dans les locaux de Charlie Hebdo, sera enfin clos », estime dans un éditorial publié mercredi Riss, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire satirique. « Au moins sur le plan pénal car, humainement, les répercussions ne s’estomperont jamais, comme l’ont mis « en évidence » les témoignages des victimes venues s’exprimer à la barre », a ajouté le patron du journal, visé par les jihadistes pour avoir publié des caricatures de Mahomet. Charlie Hebdo a republié des caricatures représentant le prophète à la veille de l’ouverture du procès, le 2 septembre. Au cours des trois premières semaines d’audience, les survivants et leurs proches victime du terrorisme, ont exprimé leur douleur, leur combat et montré à la cour leurs cicatrices, tant physiques que psychologiques.

  • Trois attentats en rapport avec le terrorisme commis pendant le procès. La France a de nouveau été frappée par des attaques terroristes alors que le procès était en cours : une attaque au couteau près des anciens bureaux de Charlie Hebdo, le meurtre de l’enseignant Samuel Paty qui avait montré les caricatures à ses élèves et un attentat contre la basilique Notre-Dame de Nice. « C’est une affaire qui transpire la peur et la folie », a déclaré un avocat de la défense, Margot Pugliese. D’autres collègues ont exhorté le tribunal à « ne pas céder » à ce sentiment de « peur ».
  • Un procès rattrapé par la crise sanitaire. Avec ses onze accusés présents, ses 200 parties civiles et sa centaine d’avocats, le procès n’a pas échappé à l’épidémie de Covid-19. Brièvement interrompue fin septembre après un cas suspect, l’audience a été définitivement suspendue le 31 octobre, après trois cas de contamination parmi les prévenus, dont le principal accusé, Ali Riza Polat. L’interruption, initialement prévue pour deux semaines, a finalement duré un mois en raison de complications médicales.

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