28 juillet 2021

Vaccin anti-Covid « On est des cobayes » : Un infectiologue répond

« Nous sommes des cobayes. «  » Le vaccin va changer notre génome. « Ça rend malade »… Depuis qu’il a été développé en un temps record, le vaccin Covid-19 suscite encore des interrogations, parfois des tourments.

Certains Français hésitent encore à se faire vacciner. Matthieu Revest, infectiologue au CHU de Rennes, résume des idées largement avancées. 43,6% des Français sont désormais totalement vaccinés. Si l’observance vaccinale a beaucoup évolué ces derniers mois, certains hésitent encore et d’autres s’y opposent fermement.

Certains d’entre eux ont rejoint les manifestants le samedi 17 juillet. « Nous sommes des cobayes. «  » Le vaccin va changer notre génome. «  » Peut avoir des effets secondaires graves « … Il y a eu des inquiétudes concernant le vaccin, qui a été développé en un temps record.

Le spécialiste des maladies infectieuses au service des maladies infectieuses du CHU de Rennes, Matthieu Revest, revient sur les idées avancées des questions fréquemment ou régulièrement posées.

Un an pour mettre au point le vaccin contre le Covid-19. N’est-on pas allé trop vite ?

Cela prend généralement dix à quinze ans. Donc le développement de ce vaccin a été très rapide, c’est une réalité. Pourquoi est-ce allé si vite ? Les deux premières phases sont la recherche d’objectifs. Ils durent généralement de quatre à cinq ans. Nous les avons sortis.

vaccin anti covid

En fait, nous avons fait le pari (et rétrospectivement nous avions raison) que Sars-Cov-2 (Covid-19) avait la même protéine (Spike) que deux autres virus déjà connus et étudiés, Mers-CoV et Sars. -CoV. C’est cette protéine, on le sait, qui est la cible de tous les vaccins contre le Covid-19.

Et après ?

Il y a généralement quatre étapes de développement.

Phase 1 : l’efficacité de la molécule est testée sur un petit nombre de volontaires.

Phase 2 : Nous recherchons la meilleure dose, celle qui aura le meilleur rapport bénéfice-risque, avec des volontaires un peu plus sains.

Phase 3 : l’efficacité du vaccin est testée chez un grand nombre de patients (40 000 patients et 20 % d’entre eux suivis pendant au moins six mois). Ces trois phases sont généralement réalisées de manière séquentielle.

covid-19

Là, parce qu’il y avait une urgence, parce que l’argent public a été dépensé sur la table en grande quantité, et parce qu’il y avait un très grand nombre de patients atteints disponibles (parce que c’est une épidémie mondiale), nous avons commencé les trois phases en même temps. temps. Les fabricants n’avaient pas peur de s’engager dans la phase 3 sans connaître les résultats de la phase 1, car ils ne prenaient pas de risque financier.

Nous nous sommes assurés à l’avance qu’il n’y avait aucun risque pour les patients. Le développement de 200 vaccins a finalement commencé, mais 90% s’est arrêté car ils n’étaient pas efficaces. Les vaccins sélectionnés ont franchi toutes les étapes classiques de développement et répondent donc à toutes les normes de sécurité internationales.

La phase 4 ?

C’est toujours en cours, et c’est normal en ce qui concerne la pharmacovigilance : nous suivons les vaccins pour nous assurer de ne pas remarquer d’effets secondaires qui n’étaient pas perceptibles lors des étapes d’enregistrement. Par exemple, les effets qui se produiraient dans chaque million de vaccins. Cette phase a lieu pour tous les médicaments. Il n’est pas spécifique à ces vaccins.

Les vaccins à ARN messager peuvent-ils changer notre génome ?

Impossible. Ce vaccin imite une maladie en injectant des molécules d’ARN dans le corps. Il pense que c’est un virus (en fait un appât) et déclenche une réponse immunitaire. Mais cet ARN ne peut pas s’intégrer dans notre génome car il nécessiterait des enzymes spécifiques que le virus n’a pas et ni l’un ni l’autre. De plus, cet ARN très délicat reste dans l’organisme très peu de temps. Mais la réponse immunitaire persiste.

covid

Les effets secondaires du vaccin sont-ils courants ?

Il y a des effets secondaires. Fièvre, maux de tête, fatigue, courbatures, 24 à 48 heures. Mais seulement 9% de ces symptômes interrompent les activités quotidiennes. Et plus de 50% des personnes ne présentent aucun de ces symptômes. Effets secondaires graves ?

Oui, mais extrêmement rare : thrombose veineuse spécifique après AstraZeneca et Johnson, dont l’incidence a augmenté chez les personnes de moins de 55 ans, mais pas plus tard. Pour les vaccins à ARN ? La myocardite reste discutable, mais sans la relation causale actuellement établie et la probabilité de survenue, qui serait de toute façon trop faible : moins d’un cas par million de doses. Le rapport bénéfice-risque reste largement en faveur du vaccin.

Cette question vous agace ?

Disons qu’avant d’évoquer les effets secondaires, il me semble nécessaire de mettre les choses sous un autre angle : le Covid-19 a fait plus de 3 millions de morts dans le monde, plus de 110 000 en France. Après le Covid, des symptômes persistants très fréquents (un cas sur dix) (Covid long) qui affectent la qualité de vie des patients pendant très longtemps.

Par exemple, après Covid, le risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral augmente de 4 à 8 au cours des six prochains mois, même chez les patients qui n’avaient pas de problèmes de santé antérieurs.

cas covid

On sait aussi que le Covid a provoqué des restrictions sanitaires très sévères aux conséquences dramatiques, notamment pour les enfants et les étudiants. C’est une maladie extrêmement grave et très courante.

Pourtant, nous avons un vaccin efficace : 95% de la maladie la prévient et 91% de sa transmission. Et si vous l’attrapez quand même, ce qui se passe (mais aucun vaccin n’est efficace à 100 %), vous réduisez de 95 % votre risque de développer une maladie grave. Et si nous prenons une forme grave, nous réduisons la probabilité de décès de 95 %.

Malheureusement, nous partageons tous une responsabilité collective face à une maladie infectieuse. On aimerait penser que la décision que nous prenons au sujet du vaccin ne concerne que nous-mêmes, mais ce n’est pas le cas. Ne pas se vacciner met les autres en danger.

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