20 mai 2022

Essai Porsche Taycan – La plus puissante des Porsche de « base »

Que vaut la moins chère des Porsche électrique ?

Qui a crié à l’hérésie quand la Taycan a été présenté en 2019 ? « Quoi ? Une Porsche électrique ? Jamais ! ». Sans doute les mêmes qui ne croyaient pas en l’arrivée du Porsche Cayenne en 2002. « Quoi ? Un SUV chez Porsche ? Jamais ! ». Désolé pour eux, mais Porsche a sans doute plus de nez pour sentir les tendances. Et tout ce qu’on peut lui souhaiter, c’est que le succès du Cayenne (puis du Macan) se reproduise avec la berline électrique !

Avec Plus de 20’000 Taycan livrés dans le monde en 2020, dont 527 en France, même en pleine pandémie, la firme de Stuttgart a excédé ses objectifs. Et avec 48 % de conquête, Porsche a su s’offrir une nouvelle clientèle. D’autant que ces chiffres de 2020 reposent essentiellement sur les Taycan les plus puissantes et performantes, du Taycan 4S à la version Turbo S qui tutoie 700 ch et 190’000 €. Mais voilà que débarque la moins chère des Porsche Taycan, la version… « Taycan ». Ou « propulsion » comme on l’appelle plus logiquement.

Un seul moteur à l’arrière, une puissance en baisse, une autonomie qui reste élevée et un prix d’appel qui tombe sous les 100’000 €, que vaut cette Porsche Taycan « propulsion » ? Nous avons pu l’essayer sur les routes de la magnifique région champenoise. 

Du pareil au même

Notre premier contact avec la Taycan propulsion se fait en soirée, dans l’écrin de l’hôtel particulier de la maison Roederer, à Reims. Il faut dire que la maison de Champagne, dont l’un des nectars a été élu meilleur champagne de 2020, est partenaire de Porsche. L’occasion pour nous, non pas de conduire évidemment mais, une coupe à la main, de faire le tour de cette Taycan « de base ». 

Essai Porsche Taycan propulsion

En réalité, cette nouvelle Taycan « tout court » ne diffère que peu physiquement des versions supérieures. En tout pas de la Taycan 4S. On retrouve notamment ce large choix de dessin de jantes, certaines détonnant quand même un peu dans l’univers Porsche. Les jantes de base, à cinq « bâtons » mais presque pleines, on l’avantage de ne pas laisser l’air s’engouffrer. Et donc d’aider à l’aérodynamisme et préserver en quelques sortes l’autonomie. Même en 19 pouces, car la Taycan ne se chausse pas en plus petit.

Mais quitte à perdre quelques kilomètres d’autonomie, autant opter pour des jantes plus grandes mais surtout au dessin plus affirmé qui ne ramollisse pas le dessin déjà très doux de la voiture, sculpté par l’air. Les jantes de 20 pouces Turbo Aero allient le meilleur des deux mondes, avec un dessin repris des jantes de la 911 Turbo, mais avec des parties pleines teintées en noir pour faire illusion. 

Particularité, notre modèle, pourtant pas des plus équipés, est l’in des seuls parmi tous ceux qui sont à l’essai, à avoir l’ « airflow », qui permet de laisser passer le flux d’air qui s’engouffre dans les passages de roues le long de la carrosserie. Sur les autres modèles, c’est grossièrement bouché par une pièce de plastique… Un peu dommage pour une sportive de ce prix là. Une Porsche qui plus est.

Intérieur

Le tour du propriétaire à l’intérieur de cette Porsche Taycan va être rapide à faire. Là non plus, ça ne diffère guère de la Taycan 4S. Nous vous invitons à (re)découvrir notre essai de la Porsche Taycan Turbo S pour en savoir plus sur l’intérieur.

intérieur Porsche Taycan

Le feeling Porsche ? Oui ! 

Avant de nous installer au volant, petit rappel de la fiche technique de cette « petite » Taycan : proposée de base avec la batterie standard de 79,2 kWh, la puissance est de 326 ch, voire 408 ch pendant quelques secondes avec Overboost. Notre version d’essai embarque elle la batterie Performance+ de 93,4 kWh, pour une puissance de 380 ch, et jusqu’à 476 ch avec Overboost. Le 0 à 100 km est expédié en 5,4 secondes, et la vitesse maximale est de 230 km. Tout simplement le modèle d’entrée de gamme le plus puissant lancé par Porsche !

Nos premiers tours de roues dans ce Taycan se feront de manière sportive. Très sportive. Bien au-delà de ce que les clients pourront faire du véhicule puisque nous avions rendez-vous sur la piste Bosch de Juvincourt, là où sont habituellement développés les systèmes d’aide à la conduite que l’on trouve dans nos voitures. Sauf que le but aujourd’hui va au contraire être de les déconnecter pour voir de quoi est faire cette Taycan « propulsion ».

Atelier de drift, de slalom ou encore de glisse à vitesse moyenne, le tout sur du mouillé pour aider la berline de 2 tonnes à jouer les danseuses, et à ne pas avoir à changer de pneu toutes les 15 minutes. Et effectivement, sauf à ne pas être habitué à ce genre d’exercice, et à manquer un peu de feeling à la pédale quand il s’agit d’essayer de prolonger une dérive (ça manque aussi de son !), la voiture se prête à l’exercice sans broncher. Le feeling de la direction joue aussi un rôle prépondérant dans ce type d’ateliers. Et là en revanche, nul doute que cette Taycan propulsion est une vraie Porsche !

Essai Porsche Taycan

Propulsion, mais pas piégeuse

Notre journée se continue au volant de cette Porsche Taycan, au beau milieu des vignes. Cette version Propulsion va-t-elle se montrer piégeuse sur la route ? Absolument pas. Au contraire, la voiture se montre parfaitement calme en mode Range, afin de préserver l’autonomie, confortable en mode Normal, et lâche son accélération en passant en Sport. Le centre de gravité étant bas, la tenue de route reste excellente, ce que les réglages de suspensions et de direction viennent aider. Et il faut y aller fort, très fort, et Dieu sait si cette Taycan pousse fort, pour la prendre en défaut. 

L’accélération pour autant est moins foudroyante que sur les version supérieures. Mais s’insérer sur l’autoroute qui nous amènera à la borne de recharge Ionity est un jeu d’enfant. D’ailleurs le bandeau autoroutier permet d’apprécier la facette de grande routière de cette Taycan, très bien insonorisée. On se laisse presque conduire.