3 juillet 2022

Le HCR se précipite pour aider les déplacés après l’éruption du volcan en RD du Congo

À la suite de l’éruption du volcan du mont Nyiragongo en République démocratique du Congo (RDC) le 22 mai, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, évalue les besoins des communautés touchées dans la ville de Goma.

Des milliers de personnes ont fui leurs maisons à pied samedi soir, transportant des matelas et d’autres effets personnels alors que la lave coulait vers Goma, incendiant des villages en chemin. Beaucoup d’entre eux ont été accueillis par des familles d’accueil à Goma et dans les environs, tandis que plusieurs milliers ont fui de l’autre côté de la frontière vers le Rwanda.

Selon les autorités, 32 personnes sont mortes dans des incidents liés à l’éruption, dont sept personnes tuées par la lave et cinq asphyxiées par les gaz.

Dirigé par la Croix-Rouge, un effort important est en cours pour réunir plusieurs centaines d’enfants qui ont été séparés de leur famille lors de leur fuite.

La coulée de lave s’est arrêtée dimanche, mais il y a eu des tremblements de terre répétés depuis l’éruption et le lac de lave dans le cratère du volcan semble s’être rempli, ce qui fait craindre l’ouverture de nouvelles fissures ou une autre éruption.

Le volcan du mont Nyiragongo a éclaté pour la dernière fois en 2002, tuant 250 personnes et faisant plus de 100 000 sans-abri. Il fait partie des volcans les plus actifs et les plus dangereux du monde et son activité continue d’être étroitement surveillée.

La plupart des personnes qui ont fui samedi sont rentrées chez elles, y compris la majorité de celles qui ont fui vers le Rwanda. Le HCR est prêt à continuer d’aider les autorités rwandaises à répondre aux besoins d’urgence des personnes qui ne sont pas encore retournées en RDC après l’éruption.

Le HCR a participé dimanche à une évaluation conjointe pour évaluer les dégâts, en collaboration avec le gouvernement de la RDC et d’autres agences humanitaires. Depuis les airs, le chemin de l’éruption au sud du volcan est clair. Deux villages de la pointe nord de Goma ont été détruits et deux autres ont été presque entièrement recouverts de lave. Notre personnel a entendu les témoignages de familles qui ont perdu leur maison et d’autres personnes qui ont perdu des enfants et d’autres êtres chers. Des quartiers entiers ont été laissés sans électricité et on craint des pénuries d’eau.

La route menant au nord de la province du Nord-Kivu est également endommagée par la lave, ce qui entravera le transport de nourriture et de marchandises vers la zone autour de Beni, où quelque 280000 personnes déplacées par le conflit et l’insécurité depuis janvier 2021 dépendent de l’aide humanitaire. Beni est à environ 240 kilomètres au nord de Goma, et d’autres voies d’accès ont été bloquées par des frontières fermées depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Le HCR se prépare à aider ceux qui ont besoin d’abris et d’articles de secours dans la région de Goma en coordination avec d’autres agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales, et à l’appui de la réponse d’urgence du gouvernement. Un financement est nécessaire de toute urgence pour nous aider à aider les personnes touchées. Le HCR n’a reçu que 17% des 204,8 millions de dollars US nécessaires à nos opérations en RDC.

Cette dernière catastrophe vient s’ajouter aux plus de 2 millions de personnes déjà déplacées par la violence brutale dans la province du Nord-Kivu, dont Goma est la capitale. Cette année seulement, 450 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons. Le HCR continue de travailler avec le gouvernement, les communautés locales et d’autres partenaires pour aider les personnes déplacées à l’intérieur du pays, en leur offrant des abris, des articles de première nécessité et un soutien pour les activités de protection locales, ainsi qu’un suivi de la protection qui sert l’ensemble de la réponse.