Vangsy Goma : « l’industrialisation est un levier incontournable de la croissance économique pour le Congo »

industrialisation du Congo moteur de la croissance économique

Serial entrepreneur en vue, l’homme d’affaires Vangsy Goma considère que le développement économique de l’Afrique passe par l’industrialisation. Pour lui, ce processus est la clé qui permettra de sortir de la pauvreté des millions de personnes.

À partir des années 1970, la Chine et la Corée du Sud ont connu une croissance économique exceptionnelle. Avec l’essor des zones économiques spéciales sur le littoral chinois, le pays a vu pousser les usines comme des champignons. En quelques décennies, la Chine est devenue l’usine du monde. De son côté, la Corée du Sud a connu un essor économique fulgurant et apparaît comme un pays à la pointe en matière de nouvelles technologies ou dans le secteur automobile.

Ce modèle chinois doit indéniablement être inspirant pour l’Afrique en général et pour le Congo en particulier. Pendant longtemps, le Congo s’est appuyé sur l’exploitation pétrolière pour son développement, mais l’heure est à la diversification économique. Pour faire sortir le pays de la pauvreté, l’industrialisation est un processus devenu essentiel, dans la continuité des actions mises en œuvre par le gouvernement d’Anatole Collinet Makosso qui a pris de nombreuses initiatives volontaristes en la matière.

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Les Zones économiques spéciales, symbole du volontarisme selon Vangsy Goma

Dans ce cadre, la mise en œuvre des zones économiques spéciales (ZES), pour lesquelles des accords de financement ont été signés avec divers partenaires, est une excellente chose.

Quatre ZES ont été mises en place, celle de Ouesso, dans la partie septentrionale du pays, au bord de la rivière Sangha, celle d’Oyo-Ollombo, au centre du pays. Une zone économique spéciale a été implantée dans le nord de Brazzaville. Enfin, la Zone économique spéciale de Pointe-Noire va permettre, elle aussi, de développer les principaux pôles industriels, touristiques, technologiques et universitaires du pays. C’est dans cette zone, par exemple, que va être construite la deuxième raffinerie nationale de pétrole.

De plus, la construction des infrastructures routières devant relier le Congo avec ses voisins et le déploiement d’infrastructures électriques vont dans le bon sens. Elles vont permettre d’établir des bases indispensables au développement économique du pays. À l’image de la ZES marocaine Tanger Med qui regroupe 80.000 employés, soit la plus importante ZES d’Afrique, et affichant un chiffre d’affaires de huit milliards d’euros par an.

Vangsy Goma : la formation des jeunes, un enjeu fondamental

Dans cette perspective, la formation des jeunes est un enjeu majeur. Pour permettre le développement de ces industries, il est devenu essentiel d’investir dans la formation, c’est-à-dire dans les écoles et les universités. Le rôle du législateur est de soutenir les entrepreneurs et de développer leurs projets de développement afin de motiver les jeunes souhaitant travailler. 

Les gouvernants africains, en lien avec les investisseurs, publics ou privés, doivent accompagner les initiatives entrepreneuriales qui permettront de capitaliser sur cette jeunesse à l’image du projet « Sport Bar Africa » à Brazzaville qui a permis à de nombreux jeunes de mettre le pied à l’étrier dans le marché du travail.

Attirer l’intérêt des investisseurs étrangers

Le principal enjeu des années à venir est d’attirer les capitaux des investisseurs étrangers. Il faut impérativement mettre en avant les atouts du Congo : une stabilité politique, des infrastructures de transport qui ont été modernisées, une main-d’œuvre qualifiée et compétitive ou encore une fiscalité attractive. Les gisements de croissance et d’emplois sont nombreux : dans le secteur textile ou la métallurgie.

Grâce aux zones économiques spéciales, les investisseurs commencent à être séduits par les régimes douaniers et fiscaux avantageux. Par ailleurs, ces ZES fournissent des installations immédiatement opérationnelles pour les industriels. Ainsi, au lieu d’investir dans des équipements, les entreprises peuvent se focaliser sur leur corps d’activité.

Pour attirer les entreprises sur ces différentes zones, le gouvernement a déployé des systèmes pour diminuer les coûts d’investissement et d’exploitation. En plus de ces avantages, il est prévu que ces entreprises disposent d’un guichet unique. Ce dernier sera lié à l’Agence en charge de ces ZES. Il regroupera les services de l’État pour faire les démarches et formalités administratives.

Ce guichet doit aller plus loin et faciliter davantage les échanges par une plus importante fluidité des communications. Ces ZES ne connaîtront un essor que par une digitalisation plus forte. Elle facilitera le traitement des informations dans le cadre des échanges mais sera également, pour le gouvernement, le moyen de contrôler fiscalement le respect des conditions des entreprises implantées.