Livres : les trois œuvres littéraires à dévorer en juillet

personne lisant un livre

Vous êtes sur le point de partir en vacances et vous vous demandez quels livres vont vous accompagner cet été ? Découvrez notre sélection.

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Pour certaines d’entre vous, les vacances ont d’ores et déjà commencé. Pour d’autres, ce n’est plus qu’une question de temps. Cet été, hors de question de partir sans glisser quelques livres dans votre valise. L’occasion de s’évader les pieds dans l’eau ou dans l’herbe.

Une sélection estivale

Que vous soyez plutôt adeptes de romans, de livres d’aventures ou de récits poignants : il y en a pour tous les goûts. Alors si vous avez déjà pioché (allègrement) dans notre sélection des meilleurs livres de 2020 à lire cet été, et vous souhaitez davantage d’idées : cap sur notre sélection des trois œuvres littéraires à dévorer en juillet.

« Le cerf-volant », de Laetitia Colombani (Grasset)

L’auteure de « La Tresse » (deux millions d’exemplaires vendus dans le monde) et des « Victorieuses » signe un troisième roman plein de beaux sentiments sur la reconstruction.

Retour en Inde pour Laetitia Colombani ! Comme dans « La Tresse », deux des héroïnes de son nouvel ouvrage sont des intouchables, mais cette fois, l’histoire de son « Cerf-volant » se passe presque entièrement dans le sous-continent indien. Après un drame personnel dont on ne connaîtra la teneur qu’à la fin du livre, Léna a fui la France, direction le golfe du Bengale. Elle est sauvée de la noyade par une petite fille mutique, dont bientôt le mystère va l’obséder. Lalita, comme toutes les intouchables, ne sait ni lire ni écrire, et Léna, qui est enseignante, se met en tête de construire une école pour lui assurer un avenir, à elle et à toutes ses sœurs d’infortune.

Mais comment faire, dans un pays où l’illettrisme des enfants arrange tant de gens ? L’Occidentale va être aidée par Preeti, une jeune femme du village, et sa brigade de rebelles. Avec ce roman, Laetitia Colombani explore la complexité de l’Inde, glorieuse et misérable, généreuse et implacable, et rend un hommage touchant à sa mère, elle aussi professeure. L’éducation qui, seule, peut changer une vie, le concept n’est pas nouveau, mais lorsqu’il est incarné, et surtout raconté avec une telle efficacité narrative – la romancière est aussi scénariste, et ça se sent –, on se laisse emporter. L’image du cerf-volant de la petite Lalita, flottant au-dessus de la côte de Coromandel, nous suivra longtemps.

Livre Laetitia Comlombani titre Le cerf-volant

« Fleurs », de Marco Martella (Actes Sud)

Marco Martella est de ceux qui, maniant bêche et plume, font du jardin comme de la littérature des lieux où se tenir au monde. Et « Fleurs » est de ces petits livres qui touchent terre avec la grâce d’une fleur sauvage. Églantines, narcisses, campanules, plumbagos… chacun des huit chapitres se souvient d’une conversation que l’auteur eut avec un botaniste, un savant, un bibliothécaire, un fantôme ou une écrivaine. Passent excentriques, vrais amateurs ou poètes imaginaires, l’ombre pâle d’Emily Dickinson, la douceur de Gilles Clément esquissant sa Vallée des papillons…

Ici, l’apparition d’un champ de narcisses dans une clairière au beau milieu d’une forêt primaire ; là, un jardin maladroit contenant un monde parfait : chez Martella, il est bien moins question de tulipes et de bégonias que de ronces, de clématites sauvages ou de graines déposées par le vent et les oiseaux. À chaque récit de rappeler la puissance créatrice de notre lien au végétal. Même rêvé. « Et dire qu’il y a des gens pour ne pas aimer les paysages qui n’existent pas », regrettait Fernando Pessoa.

L’écrivain-jardinier s’en souvient, qui signe un chapitre à quatre mains avec Enrique Vila-Matas, conversation irrésistible avec le fantôme menteur d’un poète. Et s’en souvient encore dans une ultime balade à la recherche des « zagare », fleurs d’agrumes en italien. Mémoire tenace du verger maternel à Palerme que Martella ne vit pourtant jamais. Après tout, écrit-il, le jardin, est d’abord ce lieu « où l’on a connu le bonheur et dans lequel on souhaite tout au long de sa vie pouvoir retourner ».

Livre Marco Martella titre Fleurs

« LES DOUCES », de Judith Da Costa Rosa (Grasset)

Le 1er juin 2011, la mère d’Hannibal signale à la police la disparition de son fils. Hannibal a 16 ans, il vit à Illès, une petite ville des Pyrénées-Orientales, et, comme beaucoup d’adolescents, il passe son temps avec son groupe d’amis ; avec trois filles, surtout. Elles se prénomment Zineb, Bianca et Dolorès. Des secrets liés à des premières fois, à des premiers émois cimentent leurs liens. « Les Douces » s’ouvre lorsque, huit ans après sa disparition, le corps d’Hannibal est découvert, enterré à Illès dans le jardin du mas d’Auguste Meyer. Ce sculpteur étant décédé, des ouvriers sont chargés par son héritière de détruire la propriété. Auguste Meyer était célèbre, il paraissait sympathique et apprenait aux enfants la poterie. À partir de l’identification du cadavre d’Hannibal et de la réouverture de l’enquête, les amis se retrouvent.

D’autres s’agrègent à leur groupe, tous se souviennent avec gêne du passé, d’incidents sur lesquels ils n’avaient encore jamais mis de mots. Inquiétant et tendu, « Les Douces » dresse le portrait d’une génération née à la fin des années 1990, qui navigue à vue, sans grand souci de l’intérêt collectif. Et, à sa manière – bonne ou mauvaise –, profite de la liberté dont elle dispose. Paco explique, par exemple, à une amie qu’il doit absolument se marier : « C’est comme ça que je fonctionne. J’avance par conneries. Je fais une gigantesque connerie, et puis je m’y adapte, je construis tout autour de ma connerie. » Qu’est-ce que les jeunes adultes actuels considèrent comme grave ? Ont-ils un cadre auquel se raccrocher ? Judith Da Costa Rosa rend sensibles le flottement et l’angoisse qui font tanguer ses personnages. Il manque un père et des repères. Elle dédie son roman à sa mère.

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